Violence de rue : expériences portugaise et européennes – Séminaire à Lisbonne – 25 octobre 2012

Environ 90 personnes ont participé à ce séminaire qui a eu lieu au quartier général de la police municipale de Lisbonne. De nombreux agents des différentes polices portugaises étaient présents. 

Dans son allocution d’ouverture, Guilherme Pinto, maire de Matosinhos et président de l’Efus, a rappelé aux participants que les causes de la violence de rue ainsi que la façon dont elle se produit sont les mêmes dans de nombreux pays. Les réponses doivent donc être similaires et la mission de l’Efus est de faire en sorte que les meilleures réponses soient connues et accessibles à tous.

Le séminaire a débuté par une présentation du projet Reco Street Violence. Les participants ont été invités à soumettre leur travail sur le site web du projet afin que l’Efus puisse compiler les meilleures pratiques dans ce domaine.

Le séminaire s’est poursuivi avec un certain nombre de présentations sur l’expérience des forces de police portugaises, nationale et municipale. Les statistiques indiquent une baisse de la criminalité depuis quatre ans, dans un contexte où la criminalité ne cesse d’augmenter depuis dix ans. Tous les intervenants ont souligné que les délits contre la propriété étaient les plus fréquents et qu’une majorité de ces délits sont commis par des jeunes. Les intervenants étaient unanimes à estimer que la prévention est l’approche la plus efficace contre la violence de rue.

Deux exemples de groupes criminels ont été présentés, chacun ayant un modus operandi et des objectifs propres. Le fait que ces deux bandes sévissent à Lisbonne illustre les données statistiques selon lesquelles le taux de criminalité à Lisbonne est le plus élevé du Portugal. 

La session qui a suivi était consacrée aux solutions. Un centre de détention pour jeunes gens a présenté son approche innovante : dans cet établissement, ce sont les détenus eux-mêmes qui sont responsables de leur réintégration dans la société. Le centre travaille en collaboration étroite avec les parents et les autres adultes qui interviennent dans la vie des jeunes afin d’assurer leur bien-être. Là encore, on met l’accent sur la prévention pour éviter les délits de mineurs et la récidive.

 Au cours de la dernière session, des participants du Royaume-Uni, d’Italie et d’Espagne ont partagé leurs expériences. Andy Mills a présenté les caractéristiques du Royaume-Uni, où il existe différentes forces de police et approches de la criminalité. Les intervenants d’Italie et d’Espagne ont décrit des situations similaires avec une violence de gangs qui est le résultat quasi direct de l’immigration en provenance d’Amérique latine. Deux approches très différentes adoptées par des autorités municipales ont révélé deux manières distinctes de faire face à la présence de gangs.

Le projet EU Reco Street Violence a développé une base de données en ligne pour mettre les connaissances et les bonnes pratiques sur les violences commises par des groupes de jeunes à disposition des praticiens, des universitaires et des décideurs politiques. A cette fin, les participants au projet ont analysé un grand nombre de documents, recommandations et pratiques. Une étude des pratiques mises en oeuvre dans les villes et régions européennes est en cours.